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Test Marvel's Spider-Man 2 — quand deux araignées valent mieux qu'une

⚡ il y a 45j 🖥️ PS5 ✍️ Jessica . L 8.7/10
📖 INTRODUCTION
La première fois que j'ai lâché les gâchettes pour laisser Peter Parker planer en costume symbiote au-dessus de Manhattan, j'ai ri tout seul devant ma télé comme un gamin de dix ans. Ça faisait longtemps qu'un jeu ne m'avait pas procuré ce genre de sensation pure, cette ivresse un peu bête où tu oublies que t'as un pouce qui commence à fatiguer sur le stick. J'avais fini le premier Spider-Man en 2018 en mode complétionniste jusqu'à l'os, j'avais bouclé Miles Morales en une soirée tellement c'était court et intense, et j'abordais cette suite avec la méfiance du mec qui sait qu'Insomniac aime bien recycler sa formule. Sauf que cette fois, le studio a pris des risques que je n'attendais pas : deux héros jouables en simultané, un symbiote qui pourrit lentement la psyché du personnage principal, et une ville agrandie qui change vraiment la manière de se déplacer. Je suis ressorti de cette aventure la tête pleine d'images, avec cette sensation rare d'avoir vécu un vrai blockbuster interactif plutôt qu'un simple jeu de super-héros de plus.
▸ HISTOIRE ET NARRATION

Le scénario reprend neuf mois après les événements de Miles Morales, avec Peter qui jongle entre son prêt étudiant raté, l'hypothèque de la maison de tante May et son rôle de mentor auprès de Miles, désormais bien plus expérimenté dans le costume. Insomniac construit un vrai triangle dramatique entre Peter, Miles et Harry Osborn, dont le retour after des années d'absence sert de détonateur à toute l'intrigue Venom. Ce qui frappe, c'est l'audace de faire pourrir Peter de l'intérieur via le symbiote sans jamais transformer ça en simple prétexte à unlock des pouvoirs cool : le costume noir bouffe littéralement son empathie, le rend cassant avec ses proches, et le jeu ose montrer un héros désagréable, presque habité par une rage qu'on ne lui connaissait pas. Miles de son côté porte une trame plus intime autour de son ami Martin Li devenu Mr Negative, un dilemme moral qui pousse le jeune héros à se demander jusqu'où va la rédemption. La bascule permanente entre les deux points de vue fonctionne remarquablement bien niveau rythme, chaque chapitre changeant de héros au bon moment pour éviter la lassitude. Le dernier tiers du jeu, en revanche, m'a laissé sur ma faim : il pose clairement les bases d'une suite sans vraiment boucler sa propre boucle, ce qui a d'ailleurs été pointé par plusieurs joueurs sur les forums français comme une frustration légitime. Ça reste une écriture solide, portée par un antagoniste secondaire qui vaut clairement le déplacement en deuxième partie de jeu, mais je n'ai pas retrouvé la densité émotionnelle presque parfaite de Miles Morales sur la durée totale de la campagne.

🎮 PRISE EN MAIN ET GAMEPLAY

Le parkour est la vraie révolution de ce numéro deux. Les ailes d'araignée, débloquées tôt dans l'aventure, changent complètement la grammaire du déplacement : je pouvais enchaîner un swing classique, activer un air-dash version planeur, puis repartir en toile sans jamais toucher le sol pendant de longues minutes en traversant tout Manhattan jusqu'à Brooklyn ou Queens, les deux nouveaux quartiers qui agrandissent sérieusement la carte. La première fois que j'ai enchaîné un plongeon du haut d'un gratte-ciel avec ouverture des ailes juste avant l'impact au sol, j'ai eu un vrai frisson de montagnes russes, une sensation de vitesse que ni le premier jeu ni Miles Morales n'approchaient. Le combat évolue aussi en profondeur : les capacités symbiotiques de Peter permettent d'attraper un groupe entier d'ennemis et de les regrouper dans les airs façon Bayonetta, tandis que Miles garde son bio-électricité et ses invisibilités façon Venom lui-même. J'ai un souvenir très net d'un combat contre plusieurs sbires de Kraven planqués dans un entrepôt de Chinatown, où j'ai dû jongler entre esquive parfaite, contre symbiote et changement de gadget en une poignée de secondes pour ne pas me faire rincer en difficulté élevée. Les combats de boss, eux, sont clairement le sommet du jeu : l'affrontement contre Venom sur les toits en flammes est un déluge de setpieces scénarisées qui alterne QTE réfléchis et combat libre sans jamais donner l'impression de me couper les mains. Les quêtes secondaires scénarisées, portées par des personnages comme Yuri Watanabe ou Black Cat, restent bien écrites mais souffrent d'un problème récurrent de la license : les activités de remplissage façon repaires de la Vulture ou cages MJ pompeuses reviennent trop souvent identiques à elles-mêmes. Le système de compétences s'étoffe avec un arbre par personnage et par costume symbiote, ce qui donne une vraie impression de progression sur les 25 à 30 heures de la trame principale.

🖥️ GRAPHISMES ET DIRECTION ARTISTIQUE

Manhattan version PS5 est d'une densité visuelle rarement atteinte sur console : les reflets sur les vitres des gratte-ciels, les flaques après la pluie, les néons de Times Square la nuit, tout ça tourne avec un ray-tracing activé par défaut qui change vraiment la perception de la ville. Le nouveau quartier de Coney Island apporte une palette de couleurs différente, plus foraine et bariolée, qui casse agréablement la grisaille habituelle de New York façon jeu vidéo. La modélisation des visages a fait un bond, en particulier sur les scènes de motion capture où Peter et Miles expriment des émotions bien plus nuancées que dans les épisodes précédents, notamment dans les moments de tension entre Peter et Harry. Le symbiote noir, visuellement, est un vrai morceau de bravoure : la texture organique qui rampe sur le costume, les veines qui pulsent, tout ça donne un vrai sentiment de danger latent à chaque fois que Peter l'enfile. J'ai quand même trouvé certains costumes de Miles moins réussis visuellement que ceux de Peter, un léger déséquilibre dans la direction artistique entre les deux héros. Les environnements urbains regorgent de détails minutieux, la texture des vêtements des passants et la variété des décors changent vraiment d'un quartier à l'autre. C'est un jeu qui donne clairement l'impression de montrer ce que la PS5 a dans le ventre, sans être un simple remaster gonflé du premier épisode.

▸ PERFORMANCES TECHNIQUES

Sur PS5, deux modes graphiques sont proposés : un mode Fidélité en 30 images par seconde avec ray-tracing poussé au maximum, notamment sur l'eau et certaines fenêtres, et un mode Performance qui double le framerate à 60 images par seconde en conservant une résolution sensiblement identique. J'ai personnellement joué en mode Performance du début à la fin, et la fluidité du swing à 60 fps est tout simplement indispensable pour ressentir pleinement la vitesse ajoutée par les ailes d'araignée. Les temps de chargement sont quasi inexistants grâce au SSD, une transition rapide entre les quêtes qui évite toute coupure d'immersion pendant les enchaînements de mission. Sur la version PC sortie plus tard, optimisée par Nixxes Software, le portage supporte les écrans ultra-larges et propose des options graphiques détaillées, mais les retours utilisateurs restent plus mitigés avec autour de 87% d'avis positifs sur Steam, loin des scores dithyrambiques de la presse. J'ai croisé quelques bugs mineurs en cours de partie, notamment des textures qui mettent une seconde à se charger lors d'un swing très rapide, sans que ça gâche jamais l'expérience globale. Aucun crash majeur à signaler sur ma session PS5, ce qui contraste avec certains portages PC de jeux Sony qui ont pu poser problème par le passé. La stabilité générale reste un des points forts du jeu, un signe qu'Insomniac maîtrise clairement son moteur après trois productions Spider-Man consécutives.

🎵 SONORE ET BANDE ORIGINALE

La bande originale signée par les compositeurs habituels du studio accompagne parfaitement les moments de bravoure sans jamais être envahissante pendant les phases d'exploration libre. Le doublage français est complet et de bonne facture, les voix de Peter et Miles transmettent bien la fatigue morale qui pèse sur eux au fil du scénario. Le sound design du symbiote mérite une mention à part : les grognements, les craquements organiques du costume noir créent un vrai malaise sonore qui accompagne la dérive du personnage. Les bruitages de combat, en particulier les impacts sonores liés aux capacités symbiotiques de Peter, donnent un vrai poids à chaque coup porté, loin du bruitage plus léger du premier épisode.

📦 CONTENU ET DURÉE DE VIE

La campagne principale se boucle en une trentaine d'heures pour un joueur qui prend le temps de suivre les quêtes annexes principales, et grimpe à 35 heures pour ceux qui cherchent une difficulté plus corsée ou visent le 100%. C'est un peu plus court que le premier Spider-Man complet avec son DLC, mais largement plus généreux que Miles Morales et ses dix heures de trame solo. Le contenu annexe reste cependant le point faible récurrent de la franchise : les repaires ennemis et les activités de collecte suivent un schéma trop familier d'un quartier à l'autre, un reproche déjà formulé sur le premier opus et qui n'a pas vraiment été corrigé ici. Les quêtes secondaires scénarisées, elles, sont bien écrites et fouillées, mais clairement en nombre insuffisant par rapport à la taille de la carte agrandie avec Brooklyn et Queens. La rejouabilité passe surtout par le New Game Plus et la chasse aux costumes, dont certains inspirés de comics cultes comme le costume Spider-Punk qui change même la musique de fond pendant les combats. Pour un joueur qui vise le platine, il faut compter encore une bonne dizaine d'heures supplémentaires après la fin de la trame principale.

▸ FACE À LA CONCURRENCE

Face à Marvel's Spider-Man premier du nom, cette suite gagne clairement en fluidité de déplacement et en mise en scène des combats de boss, mais perd un peu en densité de quêtes annexes marquantes malgré une carte plus grande. Face à un jeu comme Batman Arkham Knight, référence historique du genre super-héros en monde ouvert, Spider-Man 2 l'emporte largement sur le plaisir de traversée pure : la Batmobile n'a jamais eu la grâce organique d'un swing bien exécuté entre deux gratte-ciels, et le symbiote apporte une dimension psychologique que le costume de chauve-souris n'a jamais vraiment explorée avec cette intensité. En revanche, Arkham Knight proposait un système de combat au tour par tour plus technique dans sa gestion des contre-attaques multiples, quelque chose que Spider-Man 2 simplifie davantage pour privilégier le spectacle. Comparé à Ghost of Tsushima côté direction artistique et écriture d'un antagoniste torturé, Insomniac reste plus grand public dans son traitement, moins radical dans ses choix narratifs, mais largement plus généreux dans la variété de son gameplay de combat et de traversée.

⚖️ VERDICT FINAL

Si t'as aimé le grain de folie du premier Spider-Man et l'intimité de Miles Morales, cette suite te donne les deux à la fois avec une mise en scène qui frôle par moments le blockbuster Marvel au cinéma. Le symbiote apporte une vraie noirceur bienvenue dans une franchise qui avait parfois tendance à rester trop lisse, et le parkour aux ailes d'araignée restera pour moi une des sensations de traversée les plus jouissives de cette génération PS5. Je recommande sans hésiter ce jeu à tout joueur qui cherche un action-aventure spectaculaire et累 émotionnellement engagé, mais je préviens les complétionnistes purs qu'ils retrouveront les mêmes travers de contenu annexe répétitif qui plombaient déjà les épisodes précédents. Le dernier tiers du scénario, trop ouvert sur une suite, m'a laissé un goût d'inachevé que je n'attendais pas d'un studio aussi rodé à l'exercice. Ça reste malgré tout un des meilleurs jeux de super-héros jamais sortis, et clairement la meilleure vitrine technique de la PS5 à ce jour.

8.7
EXCELLENT
📱 PS5 · 🏢 Insomniac Games · 🎮 Action-Aventure
91Metacritic
"Un blockbuster interactif qui pousse le parkour et la mise en scène super-héroïque plus loin que jamais, plombé par un contenu annexe qui n'a pas évolué depuis le premier épisode."
NOTE DÉTAILLÉE
8.7
EXCELLENT
Incontournable pour les fans du genre.
📱 PS5 · Insomniac Games
Gameplay
9
Graphismes
9
Son / Musique
8
Contenu
8
Rapport qualité/prix
8
✅ POINTS FORTS
  • Parkour aux ailes d'araignée qui redéfinit la sensation de vitesse
  • Combats de boss spectaculaires et scénarisés avec brio
  • Symbiote traité avec une vraie noirceur psychologique
  • Ville agrandie avec Brooklyn, Queens et Coney Island
  • 60 fps fluides en mode Performance sur PS5
❌ POINTS FAIBLES
  • Dernier tiers du scénario qui ouvre sur une suite sans conclure
  • Activités annexes toujours trop répétitives d'un quartier à l'autre
  • Quêtes secondaires scénarisées trop peu nombreuses
  • Certains costumes de Miles moins réussis visuellement
#PlayStation#Action-Aventure#Open World#PS5#Aventure