Trois Resident Evil, une seule date. Capcom lâche Resident Evil 2, Resident Evil 3 et Resident Evil 4 Gold Edition sur Switch 2 ce 16 octobre 2026, dans un mouvement groupé rarissime pour une licence de ce calibre. Pas d'étalement sur plusieurs mois, pas de stratégie de drip-feed pour faire durer le cycle marketing : les trois remakes tombent le même jour, avec la Gold Edition de RE4 qui embarque tout le contenu additionnel sorti depuis 2023.
Ce choix rappelle furieusement la bataille des remasters HD qui a suivi les débuts de la Switch premier du nom, où Capcom avait justement testé le terrain avec un Resident Evil Revelations avant de multiplier les portages horror sur la console hybride. La différence ici, c'est l'ambition : porter des jeux conçus autour du RE Engine et de ses effets de lumière dynamique sur du matériel portable, ça n'a rien d'une mince affaire technique. Nintendo avait déjà quelques scalps à son actif avec Hogwarts Legacy ou The Witcher 3 sur l'ancienne Switch, mais jamais avec ce niveau de fidélité visuelle annoncé.
Les trois jeux arrivent avec le support complet des manettes Joy-Con 2, la rétro-compatibilité des sauvegardes cloud pour ceux qui ont déjà un profil Capcom ID, et la promesse d'un mode docké en résolution native supérieure à ce que proposait la Switch 1 sur les anciens ports. RE4 Gold Edition inclut Separate Ways et les costumes bonus, ce qui en fait clairement la version la plus complète du lot à l'achat.
La comparaison avec les stratégies concurrentes est intéressante. Sony mise sur l'exclusivité temporaire et le AAA pur avec Ghost of Yotei ou ses spin-offs narratifs, pendant que Microsoft cherche à redéfinir ce qu'est Xbox avec sa division XP. Capcom, de son côté, joue une carte beaucoup plus pragmatique : multiplier les plateformes pour une licence qui a déjà fait ses preuves commerciales, sans prendre le moindre risque créatif. Konami avait tenté un pari similaire avec ses rééditions Castlevania, mais sans la même rigueur technique dans l'adaptation hybride.
Ce triple lancement simultané raconte une industrie où le remake n'est plus un one-shot mais une rente qu'on exploite plateforme par plateforme, année après année. Je trouve ça malin sur le papier, presque cynique dans l'exécution : Capcom sait que sa base Switch 2 n'a pas forcément acheté ces jeux sur PS5 ou PC, donc chaque portage est une vente quasi garantie à coût de développement minimal. Le vrai test sera la fluidité en mode nomade sur RE4, le plus gourmand des trois — si Capcom réussit ce tour de force technique, ça va clairement inciter d'autres éditeurs AAA à prendre Switch 2 au sérieux comme plateforme de catalogue, pas juste de nouveautés.
