Souvenez-vous du Nintendo Direct de février 2023 où Metroid Prime 4 avait surgi de nulle part après des années de silence radio, ressuscitant instantanément l'enthousiasme autour d'une licence qu'on croyait en pause indéfinie. Le même effet de sidération vient de se reproduire avec Dragon Ball Xenoverse 3, annoncé lors du State of Play du 3 septembre 2026. Personne, absolument personne, n'avait ce jeu sur son radar pour cette conférence.
Le précédent est éloquent : Xenoverse 2 est sorti en 2016, soit une décennie d'exploitation sur un seul jeu, prolongé par des dizaines de DLC et de packs de personnages jusqu'à l'épuisement total du filon. Bandai Namco avait déjà fait ce pari avec Elden Ring et son extension Shadow of the Erdtree, attendre le bon moment plutôt que de saturer le marché avec une suite précipitée. Avec Xenoverse, l'éditeur a poussé cette logique encore plus loin, dix ans de monétisation d'un seul titre avant de se décider à relancer la machine.
Alors que le State of Play du 3 septembre 2026 peinait à convaincre, Bandai Namco réveille la communauté avec une annonce colossale. Dix ans après la sortie du second volet, Dragon Ball Xenoverse 3 prépare son arrivée pour 2027 avec une ambition démesurée. Aucun détail concret de gameplay n'a encore filtré, mais le simple teasing d'une date en 2027 suffit à relancer les spéculations sur le moteur graphique, le roster de personnages jouables et l'éventuelle refonte du système de création d'avatar qui a fait la popularité de la licence.
La comparaison avec le reste de la conférence Sony est cruelle pour l'éditeur japonais. En cette rentrée 2026, la prise de parole de Sony était particulièrement scrutée. Entre la pénurie de PS5 Pro et les débats houleux autour de la fin progressive des supports physiques, l'éditeur japonais devait rassurer son public. Pour capter l'attention globale, le constructeur a opté pour un dispositif à double émission : un flux international dédié aux gros studios suivi du State of Play Japon présenté par Yuki Kaji. Résultat, c'est un tiers extérieur, Bandai Namco, qui a fini par voler la vedette à l'hôte de la soirée. Une situation qui rappelle furieusement les Nintendo Direct où les trailers tiers finissent souvent par éclipser les annonces maison, preuve que le contenu prime toujours sur le contenant.
Ce genre de couac révèle une réalité que les constructeurs peinent à admettre : le format State of Play ou Direct n'est plus qu'une vitrine collective où chaque éditeur joue midi devant se faire remarquer dans un timing scellé. Sony peut bien maîtriser son calendrier de son. Il ne maîtrise pas la dynamique virale une fois les regards braqués sur l'écran. Perso, je trouve ça sain : ça oblige les gros éditeurs à sortir le grand jeu même quand ce n'est pas leur conférence, et ça donne aux joueurs le seul indicateur qui compte vraiment, la surprise brute plutôt que le marketing calibré.
