Microsoft remonte la pente. La division gaming de Xbox affiche désormais 30% d'opinion positive dans les sondages consommateurs, un chiffre qui paraît modeste sur le papier mais qui marque un vrai redressement après ce que jeuxvideo.com décrit comme une chute vertigineuse. Je me souviens d'un constructeur à l'agonie il y a encore quelques mois, incapable de faire parler de lui autrement qu'en mal. Aujourd'hui, c'est Sony qui prend les coups, et Xbox qui en profite.
Le précédent qui me vient immédiatement en tête, c'est 2013, sauf qu'on joue le film à l'envers. À l'époque, Microsoft s'était pris un mur avec l'annonce calamiteuse de la Xbox One — DRM contraignants, obligation de connexion internet, Kinect imposé — pendant que Sony surfait sur une PS4 présentée comme la console du joueur, sans contrainte. Treize ans plus tard, c'est Sony qui multiplie les faux pas de communication et les décisions qui braquent sa communauté, et Microsoft qui récolte les fruits de sa relative discrétion. Après avoir frôlé la chute libre et essuyé un plus bas historique, la division gaming de Microsoft esquisse un début de redressement.
Ce redressement ne tombe pas du ciel. Microsoft enchaîne les sorties qui comptent pour sa base installée : Gears of War E-Day vient de débarquer, Halo: Campaign Evolved a cartonné cet été, et le line-up Xbox Game Pass d'octobre est particulièrement dense avec des arrivées day one comme Valor Mortis ou Battlefield 6 dès la saison 5. Le calendrier éditorial est serré, cohérent, et surtout il mise sur des licences identitaires plutôt que sur des paris risqués. Pendant ce temps, Sony multiplie les sujets de crispation qui alimentent la grogne communautaire, sans que jeuxvideo.com ne détaille précisément lesquels dans cette dépêche, mais le constat est là : l'opinion se retourne.
Ce qui frappe dans cette bascule, c'est le contraste de stratégie. Xbox a fait le choix du service — Game Pass, multiplateforme, présence day one partout — après avoir longtemps été critiqué pour son manque d'exclusivités fortes. Sony, de son côté, reste sur une ligne plus traditionnelle de blockbusters premium, mais semble trébucher sur sa communication et ses décisions business, le terrain où Microsoft s'était justement fait détester en 2013. L'ironie est totale : le constructeur qui avait раté sa gestion d'image sur la génération précédente est en train de regagner du terrain pendant que son rival répète les mêmes erreurs.
Ce que je retiens de ce retournement, c'est que la guerre des consoles en 2026 ne se joue plus uniquement sur le hardware ou l'exclusivité pure, elle se joue sur la confiance et la communication. Microsoft a mis des années à redresser une image sérieusement abîmée, et le fait qu'il y parvienne non pas en étant parfait mais simplement en étant moins maladroit que Sony en dit long sur la fragilité de la perception publique dans ce secteur. Un constructeur ne gagne plus la bataille de l'opinion en étant le meilleur, il la gagne en étant le moins pire au bon moment — et c'est une leçon que Sony ferait bien de méditer rapidement avant que ce 30% ne devienne 40, puis 50.
