Je me souviens encore du choc des vagues de licenciements Xbox de 2023 et 2024, celles qui ont vidé Arkane Austin et Tango Gameworks de leur superbe. Trois ans plus tard, rebelote : la nouvelle patronne de la division, Asha Sharma, vient de reconnaître publiquement que la marque traverse une passe difficile, avec un chiffre d'affaires en baisse et une croissance du Game Pass qui patine sérieusement. Le 12 septembre 2026, elle a lâché une phrase qui restera : la clarté, c'est de la bienveillance envers les employés et les joueurs, façon de dire qu'elle préfère l'aveu brutal au silence gêné.
Ce genre de mea culpa managérial, Microsoft l'a déjà pratiqué. Phil Spencer avait tenu un discours similaire après les fermetures de 2024, promettant plus de transparence sur la stratégie multi-plateforme de la marque. Sauf que là, on ne parle plus de vagues promesses : les derniers rapports évoquent cinq studios internes qui seraient actuellement à risque de fermeture pure et simple, et Marvel's Blade circule comme un projet potentiellement sur la sellette au milieu de ce carnage annoncé.
Sharma a pris ses fonctions dans un contexte particulièrement tendu, entre un Game Pass qui peine à convaincre de nouveaux abonnés au rythme espéré et des revenus matériels Xbox qui continuent de dévisser face à une PS5 qui garde son avance commerciale. Son discours du 12 septembre ne s'accompagne d'aucune annonce chiffrée précise sur les studios concernés, ce qui laisse planer un flou anxiogène chez les développeurs concernés, qui apprennent souvent leur sort par la presse avant même une communication interne claire.
Ce qui me frappe, c'est le contraste avec la stratégie de Sony sur la même période : pendant que Xbox licencie et referme des studios, PlayStation multiplie les investissements sur ses franchises phares avec des lancements calibrés comme Marvel's Wolverine. Xbox mise tout sur le volume du Game Pass et l'ubiquité multi-support, une stratégie qui a du sens sur le papier mais qui semble aujourd'hui incapable de financer un catalogue interne solide. Sony joue la carte de l'exclusivité premium, plus chère à produire mais qui génère un narratif beaucoup plus positif autour de la marque.
Ce discours de Sharma révèle une vérité que Microsoft refusait d'admettre depuis deux ans : le pari du Game Pass à tout prix a un coût, et ce coût, ce sont des studios entiers qui trinquent. Je ne crois pas une seconde que parler de clarté et de bienveillance suffise à rassurer des développeurs qui voient leurs collègues remerciés tous les six mois. Si Xbox veut vraiment regagner la confiance de son public, il va falloir des actes concrets, pas juste un discours bien tourné en conférence.
