Un teaser de moins de deux minutes suffit à relancer tout un débat. Le 3 septembre 2026, Sony diffuse son State of Play et glisse, entre deux annonces plus attendues, une nouvelle bande-annonce d'Until Dawn 2. Rien que le nom du studio derrière le projet fait tousser une partie de la communauté horror-game : ce n'est plus Supermassive Games aux commandes, mais Firesprite, le studio interne racheté par Sony en 2021.
Ce genre de passation de licence n'est jamais anodin. Rappelez-vous Silent Hill, ballotté entre Konami et une flopée de studios externes pendant quinze ans avant que Bloober Team ne redresse la barre avec le remake de 2024. Ou plus récemment Dead Space, ressuscité par Motive puis abandonné en plein élan par EA. Un changement de studio sur une licence narrative aussi identitaire qu'Until Dawn, ce n'est jamais neutre : soit ça rate tout ce qui faisait le charme de l'original, soit ça apporte un sang neuf salutaire. Firesprite a déjà bossé sur le remake PS5 du premier Until Dawn sorti en 2024, ce qui limite un peu le risque : ils connaissent la maison.
La bande-annonce, encore avare en détails de gameplay concrets, mise sur l'ambiance : forêt, tension, choix qui vont forcément faire mourir un personnage bêtement à cause d'un QTE loupé. Sony reste flou sur une date de sortie précise, mais le simple fait de montrer le jeu dans un State of Play aussi scruté que celui-ci, coincé entre pénurie de PS5 Pro et débats sur la fin du support physique, montre que Firesprite est un pari sur lequel PlayStation veut miser gros pour la suite de ses productions internes horror.
Comparez ça à ce que fait Xbox sur le même segment : rien, ou presque, côté survival-horror narratif exclusif. Microsoft mise tout sur le catalogue tiers via le Game Pass plutôt que sur des productions maison façon Until Dawn. Nintendo, de son côté, reste hors radar sur ce type d'expérience mature. Sony reste donc seul sur ce créneau très spécifique du film-jeu horrifique à choix multiples, un genre qu'elle a quasiment inventé commercialement avec le premier Until Dawn en 2015. Le studio a un boulevard devant lui, mais aussi zéro concurrent pour se rassurer si le pari coince.
Ce qui se joue ici dépasse la simple suite : c'est la stratégie de Sony de garder ses licences fortes en interne plutôt que de les confier à des studios tiers qui peuvent fermer, changer de priorités ou se faire racheter du jour au lendemain. Vu le nombre de studios sacrifiés ces deux dernières années dans l'industrie, je trouve ce choix beaucoup plus sain que de parier sur un partenaire externe fragile. Reste à voir si Firesprite a le talent narratif de Supermassium, parce que sur ce genre de jeu, l'écriture fait tout, bien plus que la technique.
