Un nouveau Silent Hill sort aujourd'hui et ce n'est pas un remake. Silent Hill Townfall arrive ce 24 septembre 2026 sur PS5 et PC, développé par Screen Burn Interactive et édité par Annapurna Interactive sous licence Konami. La presse a déjà rendu son verdict avec une moyenne Metacritic de 81% sur PS5 sur la base de 56 tests, un score solide pour un survival-horror qui n'a rien d'un remaster.
La comparaison qui s'impose immédiatement, c'est Silent Hill 2 Remake sorti fin 2024 chez Bloober Team, qui avait redonné confiance à Konami dans sa licence après des années de purgatoire post-Kojima. Là où Bloober rejouait une partition connue en la modernisant, Screen Burn Interactive prend le pari inverse avec une histoire totalement inédite, situé sur une île écossaise dans les années 90. Konami mise donc sur deux studios différents pour deux approches opposées de la même licence, remake d'un côté, création originale de l'autre, un peu comme Capcom qui alterne entre remakes Resident Evil et nouveaux épisodes numérotés.
Côté contenu, le jeu adopte la vue à la première personne, une première pour la série qui a toujours navigué entre caméra fixe et troisième personne selon les époques. Le récit suit un personnage confronté à ses démons intérieurs à travers une bourgade rongée par le brouillard et les créatures cauchemardesques qui font la marque de fabrique de la licence depuis 1999. La sortie est simultanée PS5 et PC, sans Xbox pour l'instant, un choix qui rappelle l'exclusivité temporaire de Silent Hill 2 Remake sur l'écosystème PlayStation avant son arrivée ailleurs.
Face à la concurrence horreur de cette rentrée, le jeu doit composer avec un calendrier chargé. Resident Evil Requiem occupe déjà le terrain du survival-horror haut de gamme chez Capcom, et Control Resonant sort le même jour chez Remedy sur un registre plus action-aventure paranormale. Konami a choisi de ne pas fuir la bagarre en calant sa sortie pile sur ce carrefour de septembre, un pari risqué mais qui montre une confiance retrouvée dans sa capacité à exister face à des mastodontes du genre. Le score de 81% suggère que le pari tient la route, même s'il reste en retrait des 89% obtenus par le remake de Silent Hill 2.
Ce qui me frappe, c'est la vitesse à laquelle Konami a rebâti toute une stratégie multi-studios autour d'une licence qu'elle laissait mourir il y a encore cinq ans. Trois jeux Silent Hill en deux ans, ça n'était plus arrivé depuis l'âge d'or des années 2000. Je trouve ce choix de la vue première personne culotté pour une licence aussi attachée à ses angles de caméra iconiques, et le score honorable prouve que le risque créatif paie davantage que l'immobilisme. Konami a compris une leçon que Capcom maîtrise depuis longtemps avec Resident Evil : une licence horreur survit en se réinventant, pas en se muséifiant.
