680 dollars. C'est la somme que Sony devrait débourser rien que pour la RAM et le SSD de la future PlayStation 6, selon une estimation publiée le 18 octobre par le leaker KeplerL2 sur les forums NeoGAF. Le hardware insider KeplerL2 a précisé sur les forums NeoGAF que la RAM et la NAND dépassent à elles seules les 680 dollars. Ce chiffre ne couvre même pas le processeur, la partie graphique, le refroidissement ou l'alimentation, ce qui laisse présager un coût de fabrication total qui s'envole bien au-delà de ce que Sony avait anticipé il y a encore quelques mois.
Le problème vient de la flambée des prix mémoire liée à la demande des datacenters IA. Le leaker évoque un prix de la mémoire GDDR7 initialement attendu autour de 3 dollars le gigaoctet au moment où Sony et Microsoft ont commencé à concevoir leurs puces, contre des tarifs actuels qui grimperaient entre 20 et 23 dollars le gigaoctet selon certaines estimations relayées. Une hausse qui bouleverse totalement les prévisions budgétaires des deux constructeurs, à tel point que les rumeurs évoquent désormais une config probable de 32 Go de RAM avec 2 To de stockage, potentiellement revue à la baisse à 30 Go si la pénurie persiste.
En comparaison, la PS5 originale lancée en 2020 embarquait 16 Go de GDDR6 et un SSD NVMe de 825 Go pour un prix de 499€ sur le marché français au lancement. La PS5 Pro, sortie en 2024, avait déjà marqué un cap psychologique à 700 dollars aux États-Unis. Si les estimations de KeplerL2 se confirment, la PS6 franchirait un nouveau palier à plus de 1000 dollars, soit un bond de plus de 40% par rapport à la PS5 Pro en seulement quelques années, uniquement porté par le coût composants.
Ce contexte s'inscrit dans une pénurie mémoire généralisée qui touche aussi le PC. Les cartes graphiques Nvidia RTX 5060 Ti voient déjà leurs tarifs s'envoler au Japon, dépassant 1200 dollars pour un modèle d'entrée de gamme habituellement vendu autour de 429$ MSRP aux États-Unis. Même constat côté barrettes DDR5 et DDR4 dont les prix ont été multipliés plusieurs fois ces derniers mois, un phénomène directement lié à l'explosion de la demande en mémoire HBM et GDDR7 pour les centres de données IA, qui aspirent la capacité de production des usines Samsung, SK Hynix et Micron au détriment du grand public.
Le rapport qualité-prix d'une telle console, si le tarif se confirme, deviendrait difficile à défendre face à un PC gaming équivalent. Pour 1000 dollars, un joueur PC peut déjà s'offrir une configuration avec un Ryzen 7 9800X3D et une RX 9070 XT, largement capable de rivaliser voire dépasser les perfs attendues d'une PS6 en 4K, avec en prime la liberté logicielle du PC. Sony devra donc justifier ce tarif par une expérience console véritablement différenciante, que ce soit via le PSSR nouvelle génération ou des exclusivités suffisamment fortes pour faire passer la pilule.
Ce prix s'adresse en priorité aux joueurs déjà fidèles à l'écosystème PlayStation et prêts à investir dans le haut de gamme dès le lancement. Les familles et joueurs occasionnels risquent clairement d'attendre une baisse de prix ou de se rabattre sur une PS5 Slim ou Pro dont les stocks resteront probablement disponibles un bon moment après le lancement de la PS6.
Il s'agit pour l'instant d'une rumeur à prendre avec des pincettes, Sony visant toujours une commercialisation vers la fin de l'année 2027 sans avoir confirmé ni prix ni configuration officielle. Mais le signal est clair : la pénurie mémoire mondiale est en train de redessiner complètement l'équation économique de la prochaine génération de consoles, et ça ne sent pas bon pour le portefeuille des joueurs.
