15 ans. C'est l'âge que souffle cette année le plus gros salon gaming français, et il a choisi de le fêter en tuant purement et simplement la billetterie physique. Depuis ce jeudi 22 octobre et jusqu'au dimanche 25, Paris Expo Porte de Versailles accueille la Playground Edition de la Paris Games Week, et pour la première fois de son histoire, impossible de débarquer sans ticket acheté en ligne au préalable. Le message est clair : le salon veut lisser ses flux et en finir avec les queues interminables qui ont fait la réputation (pas toujours flatteuse) de l'événement ces dernières années.
Ce virage n'a rien d'improvisé. Gamescom à Cologne a planché pendant des années sur la gestion de ses 300 000 visiteurs avant de généraliser la billetterie en ligne obligatoire, et l'E3 historique s'est justement effondré faute d'avoir su moderniser son modèle d'accueil avant de disparaître en 2023. La PGW suit donc une trajectoire que les grands salons internationaux ont déjà empruntée, avec quelques années de retard à l'allumage. Le choix de la dématérialisation totale n'est pas qu'une question de confort : c'est une manière de maîtriser la jauge en temps réel, sujet brûlant depuis les débordements de sécurité qu'a connus le salon par le passé.
Côté programme, l'événement étend son univers en soirée à travers trois soirées nocturnes inédites organisées au Dôme de Paris, une salle de spectacle de 4 000 places située à proximité immédiate des halls d'exposition. La Paris Games Week s'installe à Paris Expo Porte de Versailles du 22 au 25 octobre 2026 pour sa 15e édition et le lancement de trois soirées nocturnes au Dôme de Paris. Organisé par le Syndicat des Éditeurs de Logiciels de Loisirs en partenariat avec GL events Exhibitions et Rivaj Group, l'événement célèbre ses 15 ans sous l'appellation Playground Edition. Le salon se tient dans les pavillons d'exposition de Paris Expo Porte de Versailles, avec un accueil du public assuré en continu de 9h30 à 19h00 chaque jour.
Le timing n'est pas anodin : la PGW ouvre en pleine bataille commerciale entre les mastodontes de fin d'année. Activision vient tout juste de positionner Call of Duty: Modern Warfare 4, attendu le 23 octobre sur PC, PS5, Xbox Series et Switch 2, comme l'un des deux seuls titres capables de rivaliser avec GTA 6 en termes d'impact culturel, reléguant même le retour de Zelda au second plan selon ses propres communicants. Un salon grand public comme la PGW devient alors une caisse de résonance idéale pour ce genre de bataille d'ego entre éditeurs, chacun cherchant à occuper l'espace médiatique avant le rush des fêtes.
Comparée à la Gamescom ou au Tokyo Game Show, la Paris Games Week reste un salon clairement orienté grand public plus que business, et c'est justement sa force : pas de B2B qui vampirise l'espace, du contact direct avec les licences via les stands et maintenant ces nocturnes façon concert immersif. Mais le revers de la médaille, c'est une dépendance totale aux gros éditeurs pour remplir les halls, contrairement à une Gamescom qui a su diversifier avec l'indé et les pays émergents du jeu vidéo. La PGW joue petit bras face aux mastodontes allemand et japonais, et le pari de la dématérialisation ne changera rien à ce problème structurel.
Ce que je retiens de cette 15e édition, c'est surtout le symbole : un salon français qui modernise enfin son accueil au moment précis où l'industrie entre dans sa période la plus tendue de l'année, coincée entre Call of Duty, GTA 6 qui plane au-dessus de tout le monde et une flopée de sorties d'octobre. Supprimer les guichets, c'est bien. Mais tant que la PGW ne proposera pas une offre éditoriale aussi dense que ses rivales étrangères, elle restera un rendez-vous sympathique pour le public parisien, pas un contre-pouvoir face à Cologne ou Tokyo.
