Vingt ans d'attente, et Capcom choisit de brûler les étapes plutôt que de traîner. Onimusha: Way of the Sword sort ce vendredi 4 septembre 2026 sur PC, PS5 et Xbox Series, alors que la date initiale était fixée au 25 septembre. Un geste rare dans une industrie qui a pris la sale habitude de reporter ses jeux à la moindre difficulté, et qui mérite qu'on s'y arrête.
Pour comprendre pourquoi ce geste compte, il faut se souvenir de la dernière fois qu'un éditeur a avancé la sortie d'un AAA très attendu : c'est extrêmement rare, et généralement réservé aux titres qui cartonnent en interne ou en preview presse. À l'inverse, on a vu Cyberpunk 2077 annoncé en 2013 pour une sortie ratée en 2020, ou plus récemment des dizaines de jeux glisser de plusieurs mois voire d'années. Quand un éditeur avance une date au lieu de la repousser, c'est en général plutôt bon signe. Et c'est exactement le calcul que Capcom a fait ici, en s'appuyant sur l'accueil de la démo publique.
Sur le plan du contenu, ce nouvel épisode ne cherche pas à prolonger artificiellement une continuité vieille de deux décennies. Ce Way of the Sword, développé par Capcom, est un jeu d'action et de combats au sabre présenté comme un reboot narratif : pas besoin d'avoir touché aux précédents opus pour s'y lancer. On y incarne Miyamoto Musashi, doté du pouvoir de l'Oni, dans un Kyoto de l'ère Edo infesté par les Genma, ces créatures monstrueuses venues d'un autre monde. Le choix de Musashi comme héros, figure historique ultra-connue au Japon et bien au-delà, donne immédiatement une identité forte au titre, loin des protagonistes plus anonymes des précédents épisodes.
La vraie question, c'est comment ce retour se positionne face à la concurrence directe sur ce même terrain du hack'n'slash japonais historique. Face à des mastodontes comme Ghost of Yōtei ou les productions Team Ninja qui dominent le créneau samouraï depuis plusieurs années, Onimusha joue une carte différente : celle du surnaturel et de l'horreur fantastique plutôt que du réalisme historique pur. C'est un choix payant sur le papier, car il évite la comparaison frontale et réactive une identité que la licence possédait déjà dans les années 2000, quand elle rivalisait avec Resident Evil en interne chez Capcom. Le studio semble avoir compris qu'il ne fallait pas copier Sekiro ou Nioh, mais retrouver ce qui rendait Onimusha unique : ce mélange de sabre, de démons et d'ambiance gothique japonaise.
Ce come-back en dit long sur la stratégie actuelle de Capcom, qui mise clairement sur la ressuscitation de licences dormantes plutôt que sur la création de nouvelles IP risquées — après les succès des remakes Resident Evil, c'est au tour d'Onimusha de bénéficier du traitement royal. Et honnêtement, c'est la bonne décision : dans un marché saturé de suites annuelles sans âme, remettre sur le devant de la scène une saga culte avec un vrai supplément d'ambition artistique est plus excitant que n'importe quelle nouvelle licence générique. Si Capcom confirme cette dynamique avec des ventes solides, on pourrait bien assister au début d'une deuxième vie pour toute une génération de licences PS2 oubliées.
