Activision l'a confirmé le 16 octobre 2026 : la franchise Call of Duty ne reposera plus mécaniquement sur l'alternance entre les sous-licences Modern Warfare et Black Ops. Après cinq années où chaque opus annuel tombait automatiquement dans l'une ou l'autre case, l'éditeur acte un virage stratégique qu'il assume publiquement, et ça, c'est suffisamment rare pour être souligné.
Ce schéma d'alternance datait de la décision prise après l'essoufflement commercial de certains épisodes classiques, où Activision avait voulu sécuriser sa cadence annuelle en répartissant la charge entre plusieurs studios internes, Infinity Ward d'un côté, Treyarch de l'autre, Sledgehammer en soutien. Le système a fonctionné économiquement, mais il a aussi fini par enfermer la licence dans une routine identifiable à l'avance par n'importe quel joueur un peu attentif, un peu comme Ubisoft avec Assassin's Creed avant sa propre refonte en maisons créatives.
Modern Warfare 4 sort le 23 octobre 2026, en accès anticipé depuis le 16 octobre pour les précommandes, et referme justement l'arc narratif du reboot lancé en 2019. C'est donc précisément au moment où ce cycle touche à sa fin qu'Activision choisit de communiquer sur l'abandon du copier-coller annuel, un timing qui n'a rien d'un hasard éditorial.
La comparaison avec la concurrence est cruelle pour Activision sur ce terrain : Battlefield 6 a cartonné cette année en misant justement sur une identité propre plutôt que sur une marque ombrelle répétée, et les studios qui ont réussi à casser leur propre routine, comme Capcom avec Monster Hunter ou Rockstar avec GTA, l'ont fait en acceptant des cycles de développement plus longs et moins prévisibles. Activision a le même défi devant lui : sortir de la cadence annuelle sans perdre le rythme commercial qui fait vivre toute la structure.
Ce que ça révèle, c'est qu'même le modèle le plus rentable de l'industrie du FPS commence à montrer ses limites créatives face à une concurrence qui n'hésite plus à prendre des risques de rythme. Je trouve ce choix courageux sur le papier, mais je resterai sceptique tant qu'Activision n'aura pas prouvé qu'il peut sortir un Call of Duty vraiment différent sans dérailler sur les délais ou la qualité, parce qu'un studio habitué à la cadence annuelle depuis quinze ans ne se réinvente pas en autorisant juste un communiqué de presse.
